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Très très bien la Sainte Raingarde ! J’ai beaucoup aimé : le style, le sujet, l’analyse tellement réaliste de l’âme humaine, le lieu...
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Découvrez le dernier ouvrage paru aux Editions Passiflore. La Sainte-Raingarde est un magnifique roman écrit par Marie-Françoise Raillard que vous vous devez de lire, absolument! Disponible dans de nombreuses librairies et en vente sur le site des éditions Passiflore
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« La Sainte-Raingarde » m’a fortement impressionné. Plus qu’un livre sur le deuil, c’est un texte sur la perte de la jeunesse. Beaucoup de nostalgie dans cette histoire, avec ce terrible leitmotiv : hier n’est plus d’actualité. Les amitiés et les amours survivent difficilement au temps qui passe. Personne ne peut rien contre l’usure et son adjoint la lassitude. On a beau se donner l’illusion de lutter, le combat est perdu d’avance. Ne demeurent alors que les rancœurs et elles s’efforcent d’écraser les souvenirs heureux. Un livre sur ce thème ne peut être réussi que si l’auteur parvient à éviter le pathos, le larmoyant. C’est le cas ici. Marie-Françoise Raillard m’a épaté par sa capacité à explorer la psychologie complexe de ces personnages. Par petites touches, elle les fait évoluer, les conduisant au bord du gouffre afin de voir comment ils se comportent. De plus, le Bassin d’Arcachon duquel l’eau se retire mais jamais pour aller très loin me paraît la métaphore rêvée du destin des acteurs du livre. « L’île aux oiseaux » comme la promesse d’un voyage onirique capable de déboucher aussi sur l’enfer. La joie ne sait pas vieillir. Martin, le héros( ?), n’a rien vu venir au sujet de la maladie de son frère peintre mort en mer afin de ne pas laisser vaincre la tumeur qui le dévorait (ou alors n’a-t-il pas voulu la voir venir ?). Même la noirceur inhabituelle du dernier tableau de celui-ci ne lui a pas mis la puce à l’oreille. Jusqu’au bout il demeurera ce « Pitchoun » dont le gratifie Manuel dans sa lettre d’adieu, incapable de discerner l’évidence. Il en souffrira, après coup, mais bizarrement la mort de son frère le libèrera et le poussera à arrêter de nier l’évidence. En mourant, Manuel, l’aîné, lui donne la vie. Il déchire au passage quelques souvenirs, mais il faut toujours payer, rien n’est gratuit. C’est cruel, comme l’âme humaine, et la dernière phrase du livre (« Incrédule, il se retrouvait face à cet autre lui-même auquel il avait si longtemps tourné le dos ») tire en plein cœur du passé. Faut-il détruire pour construire ? Hélas, oui, souvent. A trop courir après quelque chose, on finit par oublier ce que l’on fait. Martin a le projet de monter une exposition des œuvres de son frère avec l’aide d’une journaliste de Sud-ouest dont il est en train de tomber amoureux. Désormais, c’est lui l’aîné. Le futur lui appartient. Tuer le frère, à défaut du père. L’impitoyable boucle est bouclée, nous laissant ce goût amer auquel on reconnaît les bons livres. Sournoisement délicieux, vraiment. Ce livre-là, je vais me battre pour le vendre.
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